Anish Kapoor : ANOTHER (M)OTHER

Dans l’opposition qui caractérise son travail entre l’intérieur et l’extérieur, le vide et le plein, la matière et la lumière, Anish Kapoor revient chez kamel mennour pour un projet déployé sur les deux lieux principaux de la galerie.

« Another (M)Other » expose d’évidents vagins, un cœur et des entrailles emballés dans du silicone, mais aussi une proéminence enchaînée, un bloc de cendre, de charbon, des miroirs de sang, et des peintures tout aussi expressives. Sortes d’aliens qui ouvrent sur autant de vortex et de creux inquiétants, ces artefacts à l’effet immédiat prolongent, avec une crudité digne de Goya, son exploration des ventres et des vulves du Leviathan au Grand Palais au Dirty Corner de Versailles. Sans ambages et sans ménagement, qu’il s’agisse de ces plus lumineuses créations comme des plus obscures, l’artiste britannique adore provoquer émerveillement, vertiges et malaises ici en exhibant ce que l’on cache avec un sens inouï du spectaculaire. Et nous retourner comme une farce nos idées préconçues sur la beauté et l’infini.

Réalisation : Erwann Lameignère. Production Collectif Combo pour kamel mennour.

 

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Daniel Buren, le marbre et le miroir

Déjà ses fameuses colonnes célébraient « sur des kilomètres » le marbre noir des Pyrénées. Retour au 6, rue du Pont de Lodi où Daniel Buren avait déjà exposé il y a plus de trente ans dans l’espace qu’a repris kamel mennour. Le galeriste avait dû repousser ses propres murs en 2007 pour engager cette collaboration avec le célèbre artiste qui se poursuit avec ce nouveau projet. Alors qu’il a investi le musée d’art moderne de Strasbourg avec « Comme un jeu d’enfant » parmi des dizaines de projets ces dernières années, celui qui s’est fait autrefois un très prolixe théoricien, s’amuse à nouveau avec le marbre et la lumière, le blanc immaculé et les couleurs vives ou lézardées de veines, les perspectives et les reflets innombrables. En fonction du lieu bien sûr, mais aussi en permettant à certains travaux de se décrocher et de partir modifier d’autres lieux qui n’auront d’autres choix que d’être accueillants.

Production : Collectif Combo / kamel mennour.

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Martin Parr « Food (& other series) »

Martin Parr Expo

On ne le présente plus. A tel point qu’aujourd’hui on fait peut-être parfois du Martin Parr comme M. Jourdain disait de la prose dès qu’on instagrame nos contemporains, pour peu qu’on aime les regards décalés sur le monde qui nous entoure. Le photographe britannique, qui a commencé par le noir et blanc il y a quarante ans et depuis est devenu un des grands de la couleur, lui, s’en fiche pas mal. Il continue d’observer la consommation et le tourisme à grande échelle élargissant son champ d’action après ses célèbres séries des touristes fauchés dans un Brighton lunaire. Pour son installation à la galerie kamel mennour visible jusqu’au 17 janvier 2015, il compile les centaines de photos de nourriture, de la plus triviale à la plus raffinée dans un gigantesque papier-photographique recouvrant l’ensemble des murs… Un véritable tournis gastronomique qu’il décrit avec facétie dans ce film :

Production : Collectif Combo / kamel mennour.